Compagnie Téguéré
Compagnie de danse contemporaine de Ouagadougou.
   
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Ma démarche au Burkina Faso est la suivante :

je suis ici dans le cadre d'un mémoire, mon sujet d'étude est la danse contemporaine au Burkina mais ma problématique n'est pas encore dégagée.

Je rencontre pour le moment des compagnies de danse contemporaine africaines que j'interviewe et que je suis en répétition.

A côté de ce statut étudiant, je pratique la danse contemporaine depuis 6 ans ainsi que le théâtre, et je suis tout particulièrement axée sur la création mélageant la danse et le théâtre.

Je travaille actuellement sur une création mais je ne sais pas si j'en parlerai longuement dans mes mails étant plutôt reservée sur ce sujet. N'hésitez-pas à me contacter par email. Je consulte ma boite email régulièrement.

Bien à vous.
Pauline Le Boulba
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Vous pouvez contacter Pauline à l'adresse suivante: plb@dansez.com
Nous lui transmettrons le message dans les plus brefs délais.
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Me voilà à présent à Ouagadougou depuis un mois et demi et les expériences sont déjà nombreuses.

Ici tout est bruit et tout est mouvement. La ville est bercée par le bruit des mobylettes (moyen de transport favori des ouagalais), des avions (l'aéroport est à côté du centre ville), de la musique présente dans chaque coins et recoins de la ville. Les burkinabè aiment les boites de nuit et les danses pratiquées sont multiples. Les observer est assez drôle et cela l'est d'autant plus quand un blanc (on nous appelle "nassara", le blanc en langue mooré) danse à côté, c'est là que la comparaison devient intéressante, l'énergie n'est pas placé au même endroit mais bon la morphologie n'est pas la même non plus.

J'ai commencé à assister à des répétitions de compagnies de danses contemporaines, j'ai rencontré Seydou Boro (de la cie Salia ni seydou), mais le problème, je m'en suis rendue compte très vite, c'est que finalement les cies burkinbè sont le plus souvent en tournée en France et ne se fixe à Ouaga que pour une création (je n'en ai toujours pas trouvées qui en étaient là, en général ils font des répétitions générales). Pour l'instant la programmation culturelle au niveau chorégraphique est faible mais en décembre c'est l'inauguration du Centre et le festival Dialogues de corps commence (festival accès sur la danse contemporaine essentiellement issue du continent africain même si Eric Lamoureux et Hela Fattoumi seront là ! ). Donc je patiente...

Savez comment les burkinabè nomment la danse contemporaine ?
...la danse des blancs.

Bien à vous.
Pauline Le Boulba
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Bon j'ai trouvé un peu plus de temps. Ici internet c'est un peu la galère. donc dans le premier message, j'expliquais que la famille était d'une gentillesse rare. Je vis totalement à l'africaine, on mange tous dans le même plat avec les doigts à même le sol. J'aide Antou à faire la cuisine dans la cour, on lave le linge à la main.

C'est un monde assez macho (hélas). La femme s'occupe de la bouffe, des gosses, et le mari regarde, fume et bois le thé que sa femme lui prépare.

A côté de ça la femme au Burkina Faso est en pleine émancipation. Tu vois beaucoup d'africaines en boubou, bien traditionnelles qui ont leur portable accrochés à leur tee shirt. Tu vois aussi beaucoup de jeunes qui ont envie de ressembler à l'occidentale. Elles s'habillent avec des jeans stretch tailles basses (elles doivent crever de chaud) et se mettent des sortes de perruques bizarres(on dirait les cheveux des poupées barbies). Elles scotchent beaucoup sur mes cheveux (100% naturel, eh oui). L'image ici est très importante pour la femme, elles font très attention à leur apparence dès leur plus jeune âge. Judith et Abdou ont une copine qui est notre voisine et en même temps la filleule de Baba qui s'appelle Farida. Elle a 12ans, des airs de diva, sa mère vit en France et elle rêve de quitter l'Afrique et d'être une chanteuse célèbre. Elle m'apprend beaucoup sur la femme africaine.
Je m'entends très bien avec les enfants, ils vont à l'école et je leur fais réciter leurs leçons le soir.

Par contre je pensais que tout le monde parlais français c'est vrai mais entre eux ils parlent généralement le mooré, c'est pénible parfois mais je suis en train d'apprendre.
Je me suis achetée une mobylette. ici tout le monde circule en mobylette et baba habite assez loin de la ville.

Les cours reprennent au mois de novembre. Là je me suis inscrite à des cours de danse africaines. J'ai commencé hier soir, c'est en plein air, avec un prof de danse qui bouge comme un dieu et des musiciens en live. Bien mortel. J'ai jamais autant sué de ma vie.

J'ai encore pas mal de choses à faire, de gens à rencontrer avant d'avoir un véritable emploi du temps. Ici les gens sont du lenteur c'est flippant. Pour tout ils prennent leur temps.

La mondialisation bien présente fait très peur. Je n'avais pas vu la misère au début, une fois que tu la vois, tu la vois partout. Beaucoup de gens ont le sourire il est vrai mais beaucoup d'autres ne l'ont pas. Ce sont eux qui te remettent à ta place. il faut accepter que tu seras toujours le nassara, l'homme blanc à leurs yeux et que tu as de l'argent et que tu n'es pas comme eux, tu ne le seras jamais. Je ne sais pas si je supporterai ça 10mois.

Ouaga est une ville très grande, je vis dans un quartier populaire où les routes ne sont pas bitumées; la ville est entouré de barrages, avec des plantations. j'ai hate de voyager.

Les gens sont d'une grande gentillesse, c'est le "pays des hommes intègres", les gens s'entraident tous et aident toujours l'étranger. Forcèment on t'arnaque sur des trucs, mais tu tombes en panne on vient t'aider, tu cherches ton chemin on t'accompagnes. Le regard des autres est tout de même pesant, y'a pas beaucoup de blancs, et quand t'en croises c'est grand sourire.(solidarité blanche)
les garçons sont en général très discrets mais y'a quand même des vieux pervers. (y'en a aussi en france) mais mon alliance les repousse et mon style à l'arrache aussi.
Et le plus appréciable, les africains sont des gens profondèment silencieux (les hommes surtout), ils parlent quand ils ont quelque chose à dire. Baba est comme ça, ils nous arrivent de passer des soirées tous les deux à boire du vin et à se taire. délicieux moment.

J'ai encore pleins de choses à vous raconter mais ça deviendrait ennuyeux si ça ne l'est pas encore.

N'oubliez pas l'arbre ne cache pas la forêt. Il faut persévérer encore et encore.

Je pense fort à vous famille, amis, potos.
Prenez soin de vous
Je vous aime
la nassara pauline
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Mercredi 18 octobre, je chevauche ma mob(une peugeot 50 dit P50 pour les connaisseurs) direction le centre ville pour visiter une maison. Plutôt de bonne humeur (je chantonnais même un peu) je roule tranquillement lorsque un coup de sifflet retentit sur le bas côté de la route et un policier m'interpelle. Il me demande de descendre de ma monture, de la ranger et d'attendre. Je me retrouve alors à côté de 5 blacks qui eux aussi avainet été coupés net dans leur course urbaine. Quinze minutes passent et cet agent chargé de l'ordre public (enfin plutôt du désordre) se tourne vers moi avec un petit sourire exprimant la fierté de sa proie (une blanche, son chef sera content). Je lui demande alors qu'elle est ma faute, il m'explique alors que je n'avais pas les pieds sur les pédales de ma P50, que mes pieds étaient sur le capot (chose interdite ici, enfin t'as quand même le droit de rouler sans casque, c'est le cas de 99%des conducteurs de 2roues mais bon...). Voilà j'étais en tort il avait raison. Mais le plus scandaleux arrive après. Alors il me fait tout un discours sur ma faute et sur les dangers de la route, et blablabla et se voit donc obligé d'immobiliser mon véhiucule et de me mettre une amende que je devrais aller payer je sais pas où et une fois que j'aurais payer il me la rendra (ah oui en plus de ça il veut me confisquer mon permis ). je commence à m'énerver, à mon tour de lui faire un discours moralisateur, cette fois je lui parle du racisme, qu'il alourdit ma peine tout ça parce que je suis blanche et qu'il veut m'emm...
Constatant que je m'énervais beaucoup, qu'il était hors de questioon qu'il immobillise ma P50 (mon outil de liberté ici), il me propose alors de lui filer un backshish.Il s'improvise metteur en scène pendant 5min, il fallait qu'on simule qu'il venait de m'arrêter, je lui tends mon permis avec un billet à l'intérieur. Ridicule. Mais ce n'est pas fini, et c'est dans ces moments là que la gente masculine m'insupporte le plus, en remontant sur ma P50 il me demande mon numéro de téléphone car il aimerait beaucoup danser avec moi. Tellement outrée par cette proposition déplacée je suis restée muette.

Mais ce n'est pas le propos de la conversation. Non. Je vous disez que j'allais visiter une maison. Voilà je ne pensais pas que j'allais tomber sur la maison de mes rêves. La maison c'est une ancienne castre (maison traditionnelle ici). Y'en a pratiquement pas à ouaga. Le délire c'est que la maison c'est une oeuvre d'art en soi. La pièce principale est toute ronde, t'as l'impression d'être dans un igloo. Ma chambre aussi est ronde. Elle a un étage avec des chambres. Et partout dans la maison t'as des trous, des enfoncements dans le mur, où la lumière passe. Y'a une terrasse ombragée, un jardin vert et fleuri avec citronnier, bananier et manguier...Y'a même un vieux four dans un mur à l'extérieur. La déco est mortelle, un pe marocaine, mélange de styles. Le loyer c'est environ 40euros par personne. Le hic c'est que y'a Seidou l'homme à tout faire qui vient laver ton linge et passer le balai 2fois par semaine, y'a François(petite pensée pour Feuzi et Franss dont je n'ai toujours pas les adresses mails !) notre gardien qui surveille la maison toutes les nuits, enfin je crois qu'il s'endort tous les soirs mais bon je le comprends et y'a Boukari qui est le jardinier et qui vient planter et tailler une fois par semaine. C'est comme ça ici.
Je suis avec deux colocs françaises : nathalie et léa. Bon ba nathalie elle est là pour 3 ans, c'est un peu même beaucoup Judith Godrèche dans l'auberge espagnole, elle a tout les temps un air un peu shooté, la voix basse, les yeux grands ouverts, dès qu'elle se marre tu crois qu'elle va pleurer (?), mais elle est super gentille et léa elle est là jusqu'en janvier, elle c'est tresses africaines, des couleurs partout "ouaga c'est trop bien ", elle adore faire la fête, du coup elle me fait rencontrer pas mal de gens. Voili.
maintenant que j'ai mon chez moi, le moral ça va vraiment bien. J'apprécie de plus en plus sortir seule (dans la journée, je rassure ma mère juive). Il faut quand même être de bonne humeur quand tu sors ici sachant que c'est mon cas un jour sur deux faut que je travaille mon caractère.
Voilou.
Culurellement ça bouge vraiment.
J'ai d'ailleurs commencé à travailler(théoriquement, on s'emballe pas) avec une compagnie. Très enrichissant d'interviewer chorégraphe et danseurs.
Voilà.
J'espère que tout va bien Famille, amis, potos, amoureux.
Merci à tous ceux qui m'envoient des mails, j'essaierai de vous répondre personnellement quand j'aurai trouvé plus de temps.
Je vous embrasse et je pense à vous.
N'oubliez pas vaut mieux un que zéro.
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mes chers et tendres, par où commencer...
Déjà par arrêter le suspense sur mon "agression" en vous racontant ce qu'il s'est passé dans la nuit du 27 octobre. Il y a deux semaines se déroulait le festival Ouaga hip hop, au programme : concert, danse et autres performances liés à ce mouvement. il y a eu un concert dans un bar le "couleur café" (rien à voir avec celui du Havre !), je m'en vais vers 3h-4h (oui je sais je cherche les ennuis) en mob. Je roule tranquilou, arrivée à l'intersection qui m'amène chez moi, un scooter me double avec 2 gars dessus (je ne préciserai pas qu'ils étaient noirs), ils commencent par me faire des queues de poisson et à me tourner autour (la voie était déserte), là je commence à flipper légérement, ils me font un signe, je m'arrête en me disant qu'ils voulaient mon numéro (la routine quoi).Le scooter se stoppe à côté de moi et là le deuxième gars du scooter descend et sort une machette de son futal ! Illico presto je démarre en trombe ma P50 et trace jusqu'à chez moi, (il n'y a pas de lumière, il fait nuit noire, si je tombe, je suis morte). je tourne la tête, ils sont derrière moi, ils me poursuivent. Et là une fois de plus le seul mot qui me vient à l'esprit c'est "putain". Au bout de ma rue je hurle "François !"(le gardien de la maison), ils ouvrent les portes, le scooter surgit juste derrière, les deux gars voient François avec sa machette(lui aussi en a une) et s'échappent pris de panique. J'ai jamais eu aussi peur (pire que notre accident neuni) de toute ma vie. François ne sachant pas comment me calmer me dit : " ils ne voulaient pas te tuer Pauline ils voulaient juste ta mobylette, ton portable, ton fric...ça va aller" il faut savoir qu'ici les burkinabé te disent à tout bout de champ "ça va aller". Mes colocs dormaient, j'ai tourné pendant une heure dans la maison en examinant la situation, est ce qu'il valait meiux que je parte tout de suite de ce pays de sauvage ou que je t'attende qu'on me zigouille avec leurs engins de torture. je prends le risque de rester ici car à côté de ça c'est un truc de ouf. Je commence à présent à ressentir une sorte d'euphorie inconnue auparavant. Quand je vais au marché ou autre je suis contente d'être là, je rencontre de plus en plus de gens intéressants désintéressés. Mon quotidien se charge peu à peu. J'interviens tout au long de l'année dans une classe de CE2 pour des ateliers théâtre, danse, costumes pour une représentation dans l'école au mois de juin. Je commence dès la semaine prochaine si tout va bien.
Je m'amuse à établir tous les moyens possibles pour pas se faire embêter par les dragueurs. l'alliance ne suffit pas alors maintenant je dis que j'ai des gossses, tout de suite le burkinabé te respecte, genre t'es une mama donc pas touche. Le voile aussi marche assez bien mais bon c'est un peu violent surtout quand t'en voit qui passent en burka à côté de toi (elles ne l'ont pas forcèment choisit). Sinon tu t'habilles en touareg ça marche pas mal mais t'as chaud.
J'expérimente...
La tranquilité est une chose rare ici, même chez toi y'a les voisins qui passent au moins une fois par jour pour te demander comment tu vas.
Sans transition, je voulais vous parler de la musique au burkina (pillier de la société). Ici tout est musique car d'abord tout est bruit, il y a tout le temps du bruit à n'importe quelle heure de la journée de la nuit.
La musique traditionnelle est bien présente, tu peux en voir dans pas mal de jardins, de maquis (le maquis c'est le bar).
Mais une sorte de variété, accompagné de clips qui passent en boucle à la télé (souvent les maquis ont une télé et les consommateurs scotchent l'écran toute la soirée), attire la jeunesse burkinabè. Il faut savoir que les jeunes adorent les boites de nuit et il y en a partout dans la ville. Ici la musique à la mode c'est le coupé décalé. Quand cette musique passe les gens dansent d'une façon particulière (en gros ils remuent les fesses, morphologie oblige), sinon tu as la danse de la grippe aviaire (tu danses comme un poulet, ridicule), la danse de la mob (tu bougent les poignets comme quand tu accélères sur ta mob), la danse du foot...
grosse pensée pour Fatal Contact, y' a du très très bon rap ici. (T je sais quoi te ramener) Les idoles restent Bob Marley, Alpha Blondy, Tiken Jah Fakoly, Yeleen...la culture rasta est très présente, j'en ai rencontré quelques uns mais ils sont un peu gavants, ils ponctuent toutes leurs phrases par Jah, Peace and love, yeah sista ou bien encore supa supa.
Et puis y'a des rasta qui sont anti blancs...j'en ai fait les frais, il m'a confondu avec sarko !
J'ai vu un concert de reggae bien trippant y'a deux mamas qu'ont déboulé sur scène ( un pote burkinabè a fait la remarque "ouah les baleines" pour vous dire que même un burkinabè était choqué par cette corpulence) et elles ont fait une reprise de "stand by me", j'ai versé ma larmiche tellement c'était puissant.
J'ai toujours pas repris les cours à la fac ( en décembre ou janvier), la secrétaire dit "on est pas prêts", ok.
Du coup ça me laisse du temps pour voyager. Je vais essayer de passer noel au mali (un dimanche à bamako avec les deux aveugles) et pourquoi pas jour de l'an à tombouctou.
Ici, c'est l'hiver qui arrive, les nuits deviennet fraiches, y'en a qui se balade en pleine journée (il fait encore chaud, 40C) avec bonnets écharpes et combinaison de ski parfois !
je suis allée un peu en brousse dernièrement, c'est vraiment dépaysant, les gens te ragardent avec des grands yeux, ils touchent parfois ta peau, ils comprennet pas comment ça se fait, ils te disent "bonne arrivée" et les mamas te mettent les gosses dans les bras.
Enfin voilà, en ville tout le monde porte le tee shirt du président du burkina, Blaise Compaoré, mais il faut savoir que les trois quart sont anlphabètes et pas beaucoup de vêtements et ici ils disent "il vaut mieux avoir un président rassasié qu'un nouveau affamé"
A réfléchir pour l'avenir politique français.
En tout cas, les éléctions françaises intéressent la population burkinabè, y'a même un chanteur d'ici qui a écrit une chanson sur sarkozy, ça s'appelle "le hongrois qui arrive en Gaulle".
Voilà j'ai encore écrit des km mais c'est pas souvent.
Pour ceux a qui j'ai envoyé des sms, j'espère que ça a marché.
Pour ceux qui me demandent si la bouffe est bonne, je ne mange pas de viande à part du poisson braisé (une petite merveille), je ferai un chapitre bouffe une prochaine fois.je vous embrasse tous très très forts. Vous me manquez tous beaucoup. Keep in touch comme dirait l'autre. donnez moi de vos nouvelles.
la nassara
ps : neuni j'espère que tes concours ça l'a fait pareil pour marido
où est rox ?
besoin vital du mail du croissant de lune pour projet
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A côté de ça, je travaille sur une création (dans la continuité de mon solo).
J'ai commencé une première session de répétitions il y a une semaine. Il est très facile ici d'approcher et même d'intégrer le milieu artistique. Ainsi, j'ai rencontré des musiciens à qui j'ai demandé de me composer de la musique mais les gens ne comprennent pas toujours pourquoi je travaille seule, pourquoi je n'ai pas de metteur en scène ou pourquoi il n'y a pas d'autres danseurs ou comédiens... J'y pense alors mais il faut que j'aille au bout de ce solo avant d'entamer autre chose.

Je vous envoie des photos le plus rapidement possible ainsi que des mails (si ça marche) que j'ai envoyé à mon entourage pour situer un peu les choses.

Tenez-moi au courant pour la suite des choses.
Merci de porter autant d'intérêt à ce que je fais.

Bien à vous.
Pauline Le Boulba
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Rencontre avec la Compagnie Téguéré.
Compagnie de danse contemporaine de Ouagadougou.
Octobre-Novembre 2006


La compagnie Teguéré :


« qu’on applaudisse », telle est la signification littérale en bambara (langue parlée d’Afrique de l’ouest).
La compagnie chorégraphique Téguéré est une idée de l’artiste Souleymane Porgo, qui, depuis son retour dans son pays d’origine le Burkina, nourrissait le désir ardent de créer une compagnie artistique axée autour de la danse. Son objectif était de réunir des jeunes artistes danseurs de sa génération dévoués et disponibles. (…)
C’est en décembre 2001 lors de la deuxième édition du festival « Dialogues de corps » (festival crée à l’initiative de la Cie Salia ni Seydou) que la Cie Téguéré prend forme grâce à la volonté commune de Souleymane Porgo et Eloi Bama. (…)
En choisissant un tel nom inhérent au spectacle ou au spectaculaire, ils croient fortement que c’est à l’épreuve de la scène et du public que l’artiste se fait, qu’il acquiert sa reconnaissance, sa place dans la société. Téguéré, c’est cette sanction non écrite que l’artiste reçoit avant ou après la représentation ; Téguéré, c’est l’applaudimètre, c’est l’accueil, l’invitation à occuper la scène, à continuer à donner du plaisir, de l’émotion, Téguéré c’est l’approbation.
C’est là son ambition ; de proposer des créations et des spectacles qui rencontrent l’adhésion du public. Pour atteindre cette ambition, la Cie Téguéré met l’accent sur la formation, la polyvalence artistique et la curiosité. Elle s’invite librement à aborder toutes les disciplines des arts vivants en mettant l’accent sur les principales que sont la danse, le théâtre et la musique. Son objectif est de permettre à tout artiste de la compagnie de pouvoir en toute liberté s’exprimer profondément dans son art de prédilection et aussi d’avoir une touche sensible et suffisante dans les autres domaines. En un mot être un membre de la Cie Téguéré c’est être un artiste complet.  La Cie Téguéré aujourd’hui compte quinze jeunes artistes dont le noyau est composé de Souleymane Porgo, Eloi Bama, Robert Tngueri, Yacouba Drabo, Adonis Nebié, Sayouba Sigué et Drissa Kafando qui ont déjà une expérience dans la danse, la musique et le théâtre. L’autre partie, composée de très jeunes, peaufine leur talent auprès des autres. » Moussa Sawadogo.


Voilà la première compagnie de danse contemporaine que j’ai rencontré à Ouaga. C’est par l’intermédiaire d’une amie que je les ai rencontrés. J’ai assisté à plusieurs répétitions de leur spectacle  Yengré ou racines  qu’ils partaient présenter en France à la mi-novembre.
La chorégraphie est de Eloi Bama (dit Gahé).
Cette pièce chorégraphique est la troisième création de la compagnie, elle a été créée en 2003, et présentée pour la première fois à la 4ème édition de Dialogues de corps. Depuis lors elle a connu certaines modifications de Souleymane Porgo, notamment la mise en place d’acrobatie aérienne au sein de la chorégraphie, de même il renforce l’équipe de création et fait appel à un designer réputé et inspiré en la personne de Sougrinooma pour assurer la sccénographie. La création musicale est dirigée par Soul lui-même et Yacouba Drabo, spécialiste du djembé et des percussions africaines. Un parfait synchronisme est fait entre l’ensemble de ces percussions joué en direct et la bande sonore. La pièce est pour quatre danseurs accompagnés de deux musiciens, elle dure environ 60min. Les danseurs sont : Eloi Bama, Sigue Sayouba, Kafando Idrissa et Nebie Adonis.


Le spectacle :

« Yengré ou racines, c’est la recherche du bonheur, c’est une quête de liberté : une liberté par rapport à l’individu, par rapport au groupe.
Yengré ou racines, c’est les interrogations autour du dilemme identitaire de la jeunesse africaine. L’enfant, une fois adulte est appelé un jour à partir pour se construire, se faire lui-même ou pour se retrouver. Notre parcours terrien, à chacun de nous, tout humain que nous sommes, est une belle ligne avec des butées aux deux extrémités, un début et une fin. Si après, à la fin c’est l’incertitude totale, au début par contre, il y a le cercle de famille qui est et demeure notre attache. Se détacher un jour apparaît comme une issue inéluctable qui nous tenaille, nous jeunes d’aujourd’hui.
Mais partir pourquoi, à la recherche de quoi qu’on ne peut avoir sur place, ici et maintenant ? Pour certains, il semble que le simple fait de partir est déjà un pari gagné. D’autres se posent la question de façon plus cruciale qui débouche sur des situations de conflits, de déchirement et de tourment. D’autres encore n’osent pas y penser, refusant d’être considérés comme des renégats, des lâches ou même des traîtres.
Et pourtant le monde est là à nos portes et tout semble possible pour ceux qui osent ce départ et en même temps tout semble également obstrué pour ceux qui restent.
Qu’est qui peut bien nous retenir et pourquoi la question du retour revient comme un leitmotiv pour les candidats au départ ? Pendant qu’on parle de village planétaire, il est rappelé paradoxalement à chacun qu’il a une origine. Le souvenir de cette fameuse citation « si tu ne sais pas où tu vas, saches au moins d’où tu viens » vient se percuter sur les parois de notre conscience pour nous faire méditer sur son sens profond et les interprétations diverses qu’on peut en faire.
Il ne reste plus qu’à brandir l’épouvantail de l’ailleurs comme enfer.
Et pourtant, il est dit quelque part que l’homme quittera son père et sa mère pour…mais il reviendra à ses origines. C’est là que nous pouvons comme l’oiseau Sankofa, retrouver nos repères, revenir puiser l’énergie nécessaire pour avancer, pour surmonter les obstacles qui se dressent devant nous. Mais chacun fait son chemin définitivement en avant ou constamment en aller/retour. »
Souleymane Porgo



Ce spectacle m’a touchée car le thème abordé me parle intimement, ces réflexions dansées sont celles qui m’envahissent par moment.
J’ajouterai que ce spectacle destiné tout d’abord à la population burkinabè prend tout son sens, à mon avis à être joué en France quand on connaît la situation des étrangers dans notre pays et quand on connaît ceux qui la dirigent. Le désir de tous ces africains à vivre chez nous est fort voire obsessionnel. Combien de fois m’a-t-on dit ici « j’aimerai être comme toi », « j’aimerai être blanche ». Je sais que je ne serai jamais véritablement intégrée ici,le choc des cultures y est pour quelque chose mais ma couleur de peau est devenue mon étiquette. Je suis la blanche, à leurs yeux celle qui a de l’argent, celle quine connaît pas la misère et celle qui a envahit leur pays il y a bien longtemps et qui a considéré l’homme noir comme inférieur. Mais au-delà, l’étranger est accueilli ici comme un roi qui a marché pendant des jours, ses hôtes doivent alors le nourrir beaucoup,le faire dormir dans un bon lit…Et quand on inverse les choses,l’africain qui vient en Europe, l’intégration ne se fera jamais pour lui sauf s’il a de l’argent (chose rare), tout est plus difficile. Ce spectacle parle de la souffrance des gens qui voient un des leurs partir dans un autre monde,une autre culture mais il parle avant tout de celui qui a quitté là d’où il vient et qui se perd petit à petit.



Entretien :

1/ Apparition de la danse contemporaine au Burkina Faso ?
La danse contemporaine ne s’explique pas « c’est un truc qui vient de nulle part », «  la danse contemporaine c’est la danse d’aujourd’hui. »
Elle est apparue il y a très longtemps (pas de date précise) grâce à des danseurs qui ont cherché à développer la danse dite traditionnelle. C’est par l’improvisation qu’elle s’est construite. La danse contemporaine est venue développer la danse traditionnelle « la danse contemporaine n’a pas de limites, elle va au-delà, elle est créative contrairement à la danse traditionnelle. » A un moment donné, les artistes issus du milieu chorégraphique ont voulu rendre à la danse le statut d’art en rupture aux coutumes qui dirigeaient et conventionnaient la danse africaine. Ainsi, la danse contemporaine est une danse qui est dans le renouvellement perpétuel des gestes, contrairement à la danse traditionnelle qui elle, est très codifiée. De même, la danse contemporaine permet d’exprimer des émotions, des sentiments qui sont inexistants dans la danse traditionnelle.

2/ Le mélange des arts, l’ancien et le nouveau, la danse des blancs ?
Les membres de la compagnie m’ont affirmée clairement qu’ils ne pratiquent pas une danse contemporaine « africaine » mais une danse contemporaine « d’inspiration africaine », c'est-à-dire qu’elle se base sur l’histoire de l’Afrique.

Dans Yengré ou racines, les danseurs chantent avec les musiciens, et inversement les musiciens font partie intégrante de la chorégraphie (la première personne à entrer sur scène est un des musiciens qui marche en parlant). Il faut savoir que chacun des danseurs de la compagnie, et en général l’artiste burkinabè (on pourrait d’ailleurs étendre cela à l’artiste africain mais je ne veux pas trop m’avancer pour le moment), sont polyvalents. Ils ont tous une pratique du théâtre, de la musique et du chant en plus de leur pratique de la danse. Dans le spectacle, à plusieurs reprises la danse laisse place au chant (traditionnel), de même la parole ponctue parfois la chorégraphie. Par ces interventions, on comprend alors l’histoire qui nous est racontée mais on comprend également l’histoire de la danse en Afrique. La danse ici est en remise en question, elle ne s’est pas encore trouvée et elle n’est pas totalement assumée (en tant que danse contemporaine) J’ai eu le sentiment en assistant aux répétitions que ces intrusions artistiques, qui appartiennent au passé, sont vitales au sein de ces créations dites contemporaines. En effet, de garder cette part d’  « ancien » garantie une adhésion du public qui, peut habituer à voir ce genre de danse, comprendra le minimum requis. Il ne faut pas oublier que l’indépendance du pays date des années 60, que tout ce qui n’est pas commun est considéré par les burkinabè comme appartenant au blanc. (il ne faut pas oublier non plus que mon regard est celui d’une blanche et qu’il y aura toujours un décalage entre ma culture et la leur). Alors oui, la danse contemporaine au Burkina Faso, encore trop peu développée et surtout trop peu diffusée au sein du pays est parfois appelé la danse des blancs, et lorsque un spectateur burkinabè (je témoigne ici de mon propre vécu) peu habitué à ce genre de danse, verra un autre burkinabè sur scène gesticuler dans un langage corporel qui lui est inconnu pensera qu’il est fou ! Mais cela souligne autre chose : l’art au Burkina qui n’est pas ancré dans la tradition n’est pas populaire et n’est pas considéré comme africain.


3/ Constat

Plusieurs choses à retenir :
la volonté de faire passer un message au public est primordiale. (Garder un lien social fort, fonction première de la danse traditionnelle)
l’aspect économique est inquiétant : sans leur tournée en Europe, les compagnies ne survivraient pas car la danse contemporaine est reconnue chez nous mais peu ici.
L’aspect sociologique : à être beaucoup plus diffusée en Europe, la danse contemporaine issue d’Afrique noire est appelée « danse des blancs ». (les compagnies passent en général la moitié de l’année en tournée en Europe, le reste c’est le temps de la création et quelques représentations sur le continent africain).
Le statut de l’artiste : peu reconnu par la société, en général il vit très mal de son art. (la polyvalence des artistes se comprend mieux)

Pauline Le Boulba

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Voilà, c'est une nouvelle année qui commence, alors bonne année à vous tous, j'espère que vous avez passé de bonnes fêtes, que vous vous êtes bien gavés au foie gras, au champomy et autres nourritures du Père Noel. pour débuter cette année 2007, un petit proverbe africain à méditer sur nos projets et décisions sages ou pas : "quoi que nous fassions un éléphant n'entrera jamais dans une marmite". C'est plein de poésie n'est-ce pas.
Bon alors je reviens du Mali où j'ai fêté à l'africaine (enfin si on peut dire ça comme ça, eh oui il m'est encore arrivé des galères...). donc je suis partie pendant 10 jours avec Léa, Willy et Diloma (des amis, colocs de ouaga). le trajet fut le suivant : Ouaga-Ouahigouya (ville du Burkina, on a dormi chez le frère de Willy), puis Ouahigouya-Koro (ville juste après la frontière malienne), Koro-Mopti (arrêt de 3jours), Mopti-Sangha (le pays Dogon, arrêt de 2jours), Sangha-Djenné(arrêt de 3jours) puis Djénné-ouaga (voyage de 2jours). un de mes rêves s'est réalisé : aller au Mali, ça faisait longtemps que j'en rêvais, bon je pense y retourner pour faire Bamako (on manquait de temps pour le faire) et puis Tombouctou aussi...Du coup on s'est concentré sur le Pays Dogon et sur Mopti (la venise malienne) et sur Djénné, soit disant la plus belle ville du mali. Voyage éprouvant, tu mets deux jours pour faire 430 km, et pas de car direct de ouaga donc que des taxis brousse, bien local ! On en a pris plein les yeux au niveau du paysage, le pays Dogon c'est plein de falaises qui entourent les affluents du fleuve Niger, les villages se confondent avec la couleur de la roche rouge, les champs d'oignon tous verts paraissent irréels, et l'eau en bas des falaises, l'eau couvertes de nénuphars et tous ces hommes et ces femmes qui travaillent...et puis y'a les toubabou (les blancs en langue dioula), alors t'es plus le nassara t'es le toubab' et c'est pour ça qu'on est resté que 2jours dans ce magnifique paysage. le tourisme s'est implanté d'une façon barbare, les gosses te collent de partout, ils te nomment "bonbon" ou "cadeau" ou "100francs", ils connaissent que ces mots là en français ! Les maliens sympathisent avce toi que si tu achètes quelque chose. tu demandes un renseignement à quelqu'un, le gars te dit qu'il va te montrer, il t'emmène et te demande de l'argent ! (chose impensable au Burkina) C'était limite tu regardais quelqu'un il falliat le payer !
Mais surtout j'en voulais à tous ces toubab' qui circulent en 4*4 dans le pays, qui offrent des bonbons aux gosses et se croient tout permis avec leur fric, j'en voulais à ces toutous qui sont là avec leur camescope à filmer le peuple dogon (peuple unique au monde qui vivent encore dans les traditions les plus anciennes) comme ils filmeraient un lion dans un zoo, j'en voulais à tous ces blancs de se mettre dans la peau du colonisateur et de replacer l'africain à la place du colonisé.
On avait la chance avec Léa d'être avec deux blacks (dont Diloma qui parle Dioula, langue du mali), les maliens croyaient que c'étaient nos guides alors ils nous laisaient un peu tranquilles...
Avant le pays Dogon, on a fait Mopti, un port fluvial (au bord du fleuve Niger) bien sympathique. Ville qui ne vit que de la pêche et du transport de marchandise. Il y a des pirogues partout, du poisson grillé aussi, tous les gens se lavent dans le fleuve, lavent leur linge...
Et enfin Djénné, une ville entourée d'eau auusi (le Bani l'entoure, affluent du Niger), pour entrer dans l'neceinte de la ville il faut prendre un bac pour traverser le fleuve....les maisons sont en banco (terre et paille hachées additionnées d'un peu de beurre de karité pour renforcer l'étanchéité) et une grande mosquée trône au centre de la ville, en face de la place du marché.
Pour les fêtes, Noel à Koro (ville étape, arrivée à 20h, y'avait plus de taxi brousse pour rejoindre mopti, fallait attendre dans cette ville fantôme)...alors on a dormi au campement de la ville qui faisait en même temps dancing. on s'est mangé un poulet frite(spécialité au mali) avec en guise de chamapgne du whisky en sachet individuel ! Pour le coup on était pas pompette. on s'est offert des arachides (cacachuètes) et on s'est endormi sur céline dion qui passait en boucle au campement (peut être que le dj voulait nous faire plaisir). Inoubliable !
Puis lendemain taxi brousse, alors le taxi brousse c'est quelque chose, tu sais jamais dans quel véhicule tu vas te retrouver, parce que t'achètes ton billet et au dernier moment ils sortent l'engin (y'a des bonnes et des mauvaises surprises). En général il faut pousser le taxi brousse pour que ça démarre et puis c'est parti. parfois on est tassé comme des sardines avec bébé plein de morve au nez sur les genoux, parfois t'as de la place, le chauffeur met de la bonne musique et c'est limite agréable (si si je vous jure).
Ah oui ce que j'ai oublié de vous dire c'est que j'ai attrapé le palu (ah bah oui hein ça fait partie du voyage). je pense que je ma suis faite piqué au pays dogon et il s'est déclaré à notre arrivée à Djénné(parce que les parasites ils s'installent dans ton corps et ils se réveillent bien après). Donc j'étais pleine de fièvre à vomir tout ce que j'avais pas dans le ventre le 30janvier (jour de tabaski : fête musulmane, fête du mouton)
Un peu de culture : tabaski c'est LA grosse fête à ne pas rater quand on est dans une ville musulmane comme Djénné, tous les habitants mettent leur plus beaux habits, on tue les moutons et biquettes toute la journée et le soir on les mange et on fait la fête. Donc ce jour là grosse fièvre, Diloma avait le palu aussi, Willy et Léa s'improvisait infirmiers, obligés d'aller au dispensaire, d'appeler le pharmacien pour qu'il ouvre sa boutique, attendre le médecin une heure parce qu'il était en train d'égorger une biquette ou de prier. le lendemain, le 31, dernier jour de l'année, même état bon j'ai quand même veillé jusqu'à minuit, léa et willy nous on ramené du coca pour qu'on trinque avec eux et puis dodo pendant qu'ils partaeint fêter...
Le lendemain matin j'entends la voix d'un petit garçon qui parlait en dioula à Diloma (à Djénné on était chez l'habitant, le petit venait de la cour) et je distinguais dans ses propos le mot Saddam Hussein, il le prononçait plusieurs fois. alors je demande à Diloma de quoi il parle et il me répond que le petit a vu à la télé que Saddam Hussein est mort. le petit expliquait que Bush l'a tué avec une corde et qu'il a eu raison parce que saddam n'était pas gentil...réveil irréel.
On a finalemnt réussi de rentrer à Ouaga la belle et j'étais bien contente de rentrer chez moi et de retrouver les burkinabé et leur gentillesse et leur sourire....
J'avais pas eu le temps de vous raconter tout ce qui s'est passé ici avant mon départ au Mali.
Pour faire rapide j'ai déménagé. je suis toujours en coloc mais sans les domestiques et dans un quartier bien plus sympa qu'avant.
Avant noel y'a eu trois jours de tension politique à Ouaga. en gros c'était la guerre entre les militaires et les policiers (faut pas chercher à comprendre, explication longue et absurde) alors les militaires cherchainet les flics pour les tuer. pendant une semaine y'avait pas un flic dans la ville, ils étaient planqués, les militaires régnaient armés de kalachnikov et autres accessoires mignons. Y'a eu couvre feu à 16h pendant deux jours. Quand la nuit tombait tu devais toout éteindre chez toi. Et puis la nuit des coups de feu partout, climat de guerre invraisembleble. les burkinbè n'avaient pas vu ça depuis le coup d'état de Thomas Sankara (sorte de Che burkinabè). Finalement le président a tout arrangé, il a accepté toutes les revendications des militaires...le calme est revenu.
Et sans transition le centre chorégraphique La termitière a enfin ouvert ses portes. la salle est magnifique et digne d'un CCn comme on les connait en france. Pour info y'a eu un article dans le monde (pour ceux que ça intéresse). pendant une semaine je me suis régalée en spectacles de danse contemporaine...
et sinon mon papa a débarqué lundi soir à ouaga, avec dans ses valises du vin, du camembert, du foie gras et du chocolat (miam miam, oui je sature un peu de la bouffe africaine). Il s'occupe bien de moi, je le trimballe en mobylette dans la ville, l'emmène dans les maquis, et bientôt sortie en brousse...je me soigne et je vous donne des nouvelles bientôt.
j'espère que vous allez tous bien. Continuez de me donner de vos nouvelles, ça ne cessera jamais de me faire du bien...
je vous embrasse et pense toujours à vous quoi qu'il arrive.
la po blanche (enfin moins blanche que celle du papa...)

PS : parait que je suis connectée à msn, si je ne vous réponds pas c'est que je n'y suis pas
bon anniversaire à Marido et Batiew, plein de bonnes choses, j'espère que la vie à deux à clermont roule...
toundé bon anniversaire avec un peu d'avance...je penserai fort à toi le 11...
merci à la famille pour les cadeaux et cartes de noel (mamie, papi, tonton jean do et tata sylvie et ma mama corse pour toute ton attention et tes petits soins à distance) mon ptit pics j'ai rien reçu (m'aurais tu envoyé un cadeau ? )
feuz j'attends....
pia ma surprise est râtée (je t'avais dit avant noel faudra attendre mais je ne t'oublie pas, c'était toi le sms de noel ?)
Romain, tu peux apprendre l'anglais au Ghana si tu veux et même implanter la culture punk là bas, tu feras des affaires c'est sûr
maud tu viens quand tu veux, pleins de stages toute l'année au centre chorégraphique en danse africaine et autres (va voir le site internet de la termitière) et embrasse la rox très fort. ma clairette italienne, pensées pour toi et les pizzas que tu dois t'enfiler(j'aurai préféré te faire une autre dédicace mais pas d'inspiration originale...ça vient)
et puis les autres..............................................je n'oublie personne mais le temps me manque.


Pauline Le Boulba


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Ma chère Valérie,
je vous souhaite une très bonne année 2007, quelle soit pleine de mouvement, à votre image...
Comme vous le lirez dans le mail collectif, je suis tombée un peu beaucoup malade, alors je ne suis pas trop en état pour bien travailler mais je pense que d'ici une petite semaine je serai un peu plus en forme.
Je n'oublie pas de vous préparer mon autoportrait et je vous envoie des photos du centre le plus rapidement possible ainsi que des écrits sur le festival dialogues de corps.
Bien à vous.
Embrassez votre famille de ma part.

Pauline Le Boulba


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Bilan de la sixième édition des rencontres chorégraphiques de Ouagadougou : Dialogues de corps.

Presque tous les artistes présents à ce festival sont issus du continent africain. J’en ferai un bilan général et je ne parlerai que des compagnies du Burkina Faso. J’ai assisté à 9 pièces chorégraphiques de compagnies burkinabè. Parmi ces 9 compagnies, voici les thèmes abordés (ils proviennent du livret de la programmation) :

Cie Téguéré, Faado de la Cie Téguéré
« parle de l’héritage, celui qu’on nous laisse et celui qu’on laisse. »

Joseph Kaboré, Yelboundi, parole essentielle, de J. Kaboré.
« Echapper à la trop grande diversité des langues, de leur référence culturelle immédiate, mais toujours étroite pour retrouver l’essence universelle d’une parole porteuse de rêve, d’image et de vie. »

Cie Yaala / Yata’Dans (Burkina/Suisse), Kouman, de Filibert Tologo. « La parole. Symbole et véhicule d’une identité culturelle, celle par qui le savoir et la culture se transmettent de génération en génération. »

Baker and Tarpaga Dance Project (Burkina/USA), Grass undone, de Esther M. Baker Tarpaga assistée de Olivier Tarpaga et de Taisha Pagget.
“Les interprètes incarnent la quiétude et le déracinement chaotique. »

Cie Ba, Tembe-Yi, le chemin de la délivrance de Boukary séré et Achille R. Tarpaga.
« Trois jeunes danseurs rongés par le mal de survivre dans l’incertitude n’attendent que la mort pour les délivrer. »

Cie Corp’Art (Burkina/RDC), Maza, l’eau, de nana Kouala Yvon.
« La cie Corp’Art dénonce la dégradation de l’eau par les actions négatives de l’Homme dans un langage pluriel à travers sa danse, en se lançant dans un voyage de profonde conscientisation et de sensibilisation sur l’accès à l’eau pour tous. »

Faso-Danse-Théâtre, A benguer, de Serge-Aimé Coulibaly.
« l’origine du projet part d’un constat sur la condition de la jeunesse ouest africaine (…) Partir d’ici est le seul rêve que font ces jeunes. Ils rêvent, voient la réussite de ceux qui sont passés de l’autre côté. »

Cie Sombo, An Be Taa Mi, de Tierema Lévy Koama.
“Où allons nous, est une peinture de notre société actuelle en déconfiture où le monde agonise, où corruption, famine, guerre, prostitution se côtoient. »

Ousseni Sako, Sindi, Shut up d’Ousseni Sako.
« Sindi se veut être une vibration énergique pleine d’émotion…la transmission d’un message au sol avec des gestes qui nous amènent à sentir la couleur des traces et les cicatrices dans lesquelles coule le sang des ancêtres. »


Les thèmes abordés varient peu d’un spectacle à l’autre. On retrouve fréquemment le problème de l’identité culturelle, la notion d’enracinement/de déracinement, la question de l’origine et la relation au temps (entre passé, présent et futur). De plus, dans chaque spectacle, une récurrence gestuelle est présente. On peut observer d’une compagnie à l’autre les même pas, les même portés ou encore les même mouvements de bras. Idem au niveau musical, les mélodies et les rythmiques qui accompagnent les pièces chorégraphiques sont semblables (dans chaque pièce, les musiciens sont sur scène et utilisent la plupart du temps les instruments traductionnels). A noter qu’un musicien joue souvent dans différents spectacles, de même pour les danseurs. Au niveau de la structure chorégraphique, le spectacle ressemble souvent à un « copier coller » avec des parties de danse traditionnelle et des parties de danse modernes sans unité et sans lien, en toute discontinuité inconsciente. Par ailleurs, l’occupation de l’espace est très mal gérée, mais cela peut se comprendre par les conditions de répétitions des compagnies. En effet, elles travaillent dans des lieux mal adaptés à la création et à l’élaboration d’une scénographie développée (petite salle, espace « aménagé » en extérieur…)

Conséquences de ces observations : on se demande où est la recherche ? Où est la créativité ? Et où est la danse contemporaine ? Les danseurs se cantonnent à une performance physique et à l’exhibition de leurs torses musclés qui n’émerveillent que quelques minutes et ne suffisent pas à tenir le spectateur en haleine (ce serait trop facile !).

D’autre part, un décalage existe entre le fond et la forme. Les résumés des spectacles souvent très élogieux et d’une profonde intensité ne collent pas avec l’action scénique. Mais lorsqu’on apprend par la suite que l’administrateur a écrit le texte avant que la création ne soit finie (juste par rapport au thème !) alors on comprend. Par exemple, dans Maza, l’eau de la Cie Corp’Art, les danseurs gesticulent sur de la musique afro cubaine au milieu de bidons d’eau (au moment me semble-t-il où le chorégraphe veut atteindre son « climax » chorégraphique). Où est le message ? pense-t-il vraiment que des bidons d’eau et les bruits de la pluie vont suffire à expliciter son message ? Je reste perplexe…

Mais ce constat se justifie simplement.
Au Burkina Faso, aucune structure pédagogique ne propose une formation pratique et théorique (de qualité bien entendu). La danse contemporaine fut amenée ici par des chorégraphes formés ailleurs, et on pourrait trouver absurde que cette danse perdure depuis plus de dix ans. Sans outil à leur portée, les chorégraphes et les danseurs se retrouvent, excusez l’expression, le cul entre deux chaises. C'est-à-dire qu’ils sont coincés entre la sauvegarde de leur patrimoine et les nouvelles formes venues de l’occident, entre ce qu’ils savent faire et ce qu’ils ne maîtrisent pas encore. Il faut que cette génération de chorégraphes, d’apprentis en quelque sorte, trouve et crée (avant tout) une forme qui unirait ces deux pôles. Une forme qui tendrait à une unité, à une fusion et qui amènerait à la sensibilisation et à la compréhension du public. (public varié, le devoir du danseur selon le ministère est de faire comprendre son art aussi bien au villageois de la brousse qu’à l’intellectuel de Ouagadougou…) Mais sans base, sans structure sur quoi s’appuyer les artistes perdent leurs repères et marchent à l’aveuglette avec comme seules bougies la Cie Salia ni Seydou ou encore Irène Tassembedo. Ces grands frères et sœurs qui ont réussi et qui leur servent de modèles. C’est chez eux qu’ils s’inspirent et c’est eux qu’ils imitent. Il faut à présent innover…et c’est là le plus dur.

Enfin, toutes ces difficultés se renforcent davantage quand on sait que l’artiste n’a pas de statut au Burkina Faso, il n’est pas reconnu par L’Etat et il est souvent méprisé par la population. Au regard de tous ces obstacles on excuse peu à peu les compagnies et on les admire à s’acharner vu les conditions (ça fait relativiser).

Espérons que la Termitière leur servira d’outil , les aidera à s’épanouir pleinement et remplacera peut être un ministère si peu préoccupé et trop compliqué. Au spectateur de patienter, comme on dit ici « ça va aller » et aux artistes de construire toujours plus, ça ira.

Pauline Le Boulba


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Voilà les nassaras, il fallait que je vous raconte ma rentrée scolaire... Histoire de faire taire ceux qui disent que je ne travaille pas. J'ai tout de même 5 heures de cours par semaine, en une seule fois (le vendredi après-midi), heureusement que le week end arrive juste derrière... Je mets environ deux jours à récupérer de cette concentration intellectuelle intensive et épuisante, alors je mange des fraises, des belles fraises bien rouges, oui c'est la saison des fraises en ce moment et des mangues mais je préfère les fraises, oui les fraises bien rouges, oui comme le manteau du chaperon rouge, ou comme la cape du toréador, oui elles sont rouges et sucrées, très sucrées, comme sorties d'un conte où la nourriture est toujours douce, sucrée et colorée... Oui, les fraises ça fait parler.

Alors la fac à Ouaga, c'est un peu comme une salle d'attente chez le médecin où les patients se rendent compte au bout d'une heure que le médecin est malade. C'est bien à l'ancienne, les salles sont dépouillées, il y a les ventilateurs au plafond qui grincent, tu as l'impression que l'hélice va te tomber dessus, il y a les mouches qui étudient avec toi... amical. Quand un prof est en retard, les élèves lui envoient un sms pour savoir s'il vient ou pas... Pour mon premier jour de classe, j'ai eu le droit à la totale, petite présentation devant tous mes nouveaux camarades, ça avait le goût de mon premier jour au CP (gros traumatisme, hein pa'), j'étais rouge tomate devant ces ouagalais noirs ébènes... Et d'un coup, une sorte de bonhomme pain d'épice avec les dents du bonheur(genre style naze comme une veste en boa, année 80-90, clip d'IAM, je danse le mia) apparaît dans la salle : Prosper Kompaoré, metteur en scène et directeur d'un théâtre à Ouaga, il a été formé par Antoine Vitez à Panam, forcèment cours bien vivant, à base de démonstration physique toutes les 5min pour illustrer son propos. Sinon les autres cours c'est moumoumou, on a appris aujourd'hui ce qu'était une didascalie... palpitant. Les étudiants sont très sérieux, ils ont chacun un bic bleu, noir et rouge et une règle. Les profs dictent au ralenti et précisent quand il faut souligner ou quand il faut changer de couleur de stylo. Sans transition, j'ai présenté "Faut déjà pouvoir s'habiller" à la Cie Salia ni Seydou, ils ont aimé et ils m'ont programmée pour le 1er mars au Centre chorégraphique La Termitière dans le cadre du Fespaco (Festival de cinéma panafricain, genre festival de cannes en moins chic, j'ai un pote qui y était y'a deux ans, oui c'est tous les deux ans, et il a vu mimi mathy toute bourrée dans un bar en train de discuter avec un grand black....j'ai hate de croiser des stars !). Bien contente de terminer la mini tournée du spectacle à Ouaga et dans cette salle.... Je me suis donc remise en mode abat jour et tout le tralala, alors pour la nouvelle création c'est plutôt en interruption momentanée qui va surement modifier ma durée ici... les détails se feront plus tard.

Dernière nouvelle, je fais un aller retour au pays du 11 au 29 avril, alors j'espère en voir plus d'un même si je ne reviens que pour ma mère... D'ici là, keep in touch comme dit l'autre, bilfou comme dit le mossi, ciao bella comme dit clairette, au revoir comme dit Niquette, hasta luego comme dit beber, camo et pablo, see you soon comme dit vivi et ses potes les californiens, boujoux comme dit les havrais nhavrais et les caennais canettes, a tato comme dit sébastien un ex petit amoureux de ma sœur quand elle avait 10 ans et pas toutes ses dents, ouais salut comme disent les parigos têtes de veaux, à très vite comme dit la po noire si vous saviez comme elle est noire, on la confond avec la population locale

Pauline Le Boulba


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