La
danse comme actes de langage.
Ecrire, dire : s’exprimer par son corps.
Dès lors, improviser, composer, chorégraphier, n’est-ce pas défendre
une certaine pensée ?
S’inscrivant dans l’ensemble des modes de communication gestuelle
non verbale, la danse donne à penser selon la logique des
sensations. Son rapport aux idées échappe à l’ordre de la raison.
Comme elle donne à percevoir les choses en acte, à les penser sans
toutefois les nommer explicitement, expliquant à sa façon par l’acte
déictique, montrer, son champ d’expression ne relève pas du
rationnel mais des mots constellés que réveille le ressenti. En
danse, tout n’est que sens, confusion de sens et d’essence, signes,
significations, symboliques ; code et langage : et parce que c’est
du corps humain, en danse, tout n’est que tissu sémiotique.
La danse rapproche les hommes, rendus à
eux-mêmes car reliés, constitués en Etre(s) – ensemble (s). Elle
participe à l’émergence du sujet et peut conduire ainsi l’actant à
se sentir plus proche des autres et au plus proche de lui-même,
pleinement vivant, au sein de l’Etre au monde ; actif, cohésif,
intègre parce qu’intégré dans une action, parce qu’englobé dans un
mouvement collectif.
Danser pour faire corps avec les autres, ou, selon la formule de
Pierre Legendre, danser pour la passion d’être un Autre.
Comment se produit un tel phénomène ? Comment s’en rapprocher ?
Nous questionnerons ce qu’est l’art chorégraphique et jusqu’où la
danse peut se mettre au service d’une réflexion.
Comment la mémoire opère-t-elle au moyen de cette expression
corporelle ?
Quelles en sont les unités signifiantes, les procédures
symboliques ?
A quel moment le geste et le mouvement dansé font-ils agir le poids
d’une pensée ?
Enfin, puisque « dire, c’est faire » selon Austin, nous tenterons
donc d’envisager la proposition inverse et nous nous demanderons si
« faire, c’est dire ».
Valérie
Colette-Folliot
ANNEXES :